Le soulier de satin Auteur :
Paul Claudel Né en 1868 à Villeneuve-sur-Fère (Aisne), Paul Claudel fait ses études en province, puis à Paris, et entre dans la carrière diplomatique. Ses fonctions l'appellent dès 1893 aux États-Unis, puis en Chine, en Europe, au Japon. Il commence à publier à partir de 1900 une oeuvre abondante qui porte l'empreinte de son catholicisme fervent : essais, poèmes, pièces de théâtre (« Le Soulier de Satin », « L'Annonce faite à Marie »).
Membre de l'Académie française depuis 1947, Paul Claudel meurt à Paris en 1955.
Le sujet du « Soulier de satin », c'est en somme celui de la légende chinoise, les deux amants stellaires qui chaque année après de longues pérégrinations arrivent à s'affronter, sans jamais pouvoir se rejoindre, d'un côté et de l'autre de la Voie Lactée. Ainsi Rodrigue et Prouhèze, séparés par une volonté supérieure que les Anciens auraient appelée le Destin, mais qui n'a rien perdu de son mystère en devenant pour nous chrétiens, un sacrement; ce sacrement qui est, nous dit Saint Paul, le Grand Sacrement et qu'on appelle le mariage.
De cette volonté les deux amants sont à la fois les victimes, les antagonistes et les complices. Prouhèze essaye de rejoindre son amant, mais c'est avec une aile rognée : elle a donné son soulier à la Sainte Vierge. Rodrigue a conclu imprudemment un pacte avec Saint Jacques, patron de l'Espagne, qui sous la forme gigantesque d'une constellation fait le service de passeur entre les deux hémisphères. En vain Prouhèze confie à la mer une lettre désespérée. Elle met dix ans à parvenir à sa destination, et quand l'appelé arrive enfin pour délivrer la captive volontaire devant Mogador au Maroc où s'achève une destinée tragique, il est trop tard !
Toute l'idée de la pièce repose sur l'idée du sacrifice, que je trouve après tout moins bête que celle de l'anéantissement dans le médiocre abîme de la volupté, et dont le bienfait ne reste pas confiné à son origine, mais se répand sur le monde entier en cercles sans cesse élargis. Rodrigue, exclu du bonheur humain, donne forme à un continent. Quant à Prouhèze, sa récompense est encore plus haute, car une âme humaine est plus qu'un monde, et voici qu'elle a sauvé une âme, celle de Don Camille, le renégat.
Numéro d'inventaire : 6440 Éditeur : Gallimard Collection : Le Livre de Poche Numéro(s) du livre : 1295 - 1296 ISBN : n.d. Année d'impression : 1966 Poids : 260 gr
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