Les stances de Sophie Auteur :
Christiane Rochefort Christiane Rochefort est née à Paris dans un quartier populaire (XIVe), a eu peu d'aventures remarquables sous l'aspect pittoresque qui font généralement la matière des biographies, car elle a employé presque tout son temps à s'amuser, c'est-à-dire à peindre, dessiner, sculpter, faire de la musique, des études désordonnées entre la médecine, psychiatrie, et la Sorbonne (une erreur) (n'a même pas essayé de préparer l'agrégation), à écrire pour sa propre joie, et pendant le temps qui restait à essayer de gagner sa vie pour survivre. Elle a travaillé avec des gens pénibles, bureaux, journalisme, festival de Cannes (jusqu'en 1968 et a été renvoyée pour sa liberté de pensée), et par contre, à la Cinémathèque pour Henri Langlois.
A publié : « Le Repos du Guerrier », 1958, livre qui, on ne sait pas du tout pourquoi, a provoqué un scandale; « Les Petits Enfants du siècle », 1961, sur l'urbanisme moderne; « Les Stances à Sophie », portrait d'un petit technocrate médiocre qui ne le sait pas (le Parisien type automobile); « Une Rose pour Morrison », 1966, exercice de style sur des événements à venir. Traductions : de l'anglais, « En Flagrant Délire » de John Lennon avec Rachel Mizrahi; de l'hébreu, « Le Cheval Fini », de Amos Kenan.
S'il faut en croire ce que raconte le poète Homère, Ulysse, célèbre pour sa prudence dans toute la Grèce antique, s'était fait attacher au mât de son navire afin de résister à l'envoûtement fatal du chant des sirènes. Faute d'avoir imité son exemple ou de s'être bouché à temps les yeux et les oreilles, Céline Rodes se laisse prendre au charme d'une sirène nommée Philippe Aignan qui lui promet le paradis pour peu qu'elle accepte de l'épouser. Cela implique, évidemment, qu'elle renonce à sa vie de bohème, à son langage cru et autres défauts qui, somme toute, ne sont pas indispensables pour être heureux, n'est-ce pas ? Non, acquiesce Céline à qui l'amour tourne la tête.
Très honnêtement, elle s'efforce de devenir l'idéale Mme Philippe Aignan, charmante épouse d'un jeune cadre, nantie d'une bonne, d'un appartement, d'un vison, de relations qui sont également nanties de
etc. En apparence, c'est le parfait bonheur promis. Seulement voilà, Céline a une vue assez perçante pour aller au-delà des apparences jusqu'au fond des choses - et une langue assez effilée pour dire ce qu'elle y trouve : une façon de mort.
La sottise des hommes installés est vertement pourfendue dans cette satire percutante dont le titre est emprunté à l'une de ces chansons de corps de garde nées de la bêtise qu'elle dénonce. On ne pouvait faire avec plus de brio le « retour à l'envoyeur ».
Numéro d'inventaire : 12025 Éditeur : Grasset Collection : Le Livre de Poche Numéro(s) du livre : 2801 ISBN : n.d. Année d'impression : 1970 Poids : 140 gr
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